La musique et le cinéma seront au rendez-vous dans le IIe Forum sur les violences urbaines

  • Rocío Márquez présentera « La costilla de Rocío » le mardi 6 novembre dans la serre d’Arganzuela.
  • Le Brésilien Rael présentera son album « Coisas do meu imaginário » le mercredi 7 à Naves Matadero. Le jeudi 8, à l’occasion du concert de clôture, les artistes Pájaro, Soleá Morente, Niño de Elche et Pongo se succèderont.
  • Le lundi 5, le mardi 6 et le mercredi 7, durant l’après-midi la Cinémathèque accueillera des causeries suivies de la projection de documentaires en rapport avec la thématique du Forum.

Le IIe Forum sur les violences urbaines et l’éducation pour la cohabitation et la paix amène à Matadero Madrid la musique et le cinéma pour soutenir la vocation de ville de paix de Madrid par le biais de la culture. La serre, les Naves et la place Matadero ont été les scènes choisies pour accueillir les concerts d’artistes tels que Rocío Márquez, Rael, Soleá Morente, Pájaro, Pongo et Niño de Elche ainsi que des projections de documentaires en rapport avec la thématique du Forum. La programmation prévue par le département de la culture vise à célébrer cette cohabitation harmonieuse qui est au cœur du débat du forum par le biais de la musique. C’est pourquoi les propositions tournent principalement autour de la musique espagnole et ses différentes variantes contemporaines. En plus des musiques à la racine flamenca, la programmation accueillera deux autres propositions qui sont des versions contemporaines de musiques d’Afrique et d’Amérique du Sud.

Le mardi 6 à 20h, dans la serre d’Arganzuela, le cycle culturel sera inauguré par Rocío Márquez, une chanteuse de flamenco originaire de Huelva (Espagne) ayant remporté à l’âge de 23 ans le premier prix « Linterna Minera » dans la catégorie absolue du concours « Cante de las Minas », ainsi que d’autres reconnaissances comme le prix de la plus remarquable jeune artiste de « cante », décerné par la Confédération andalouse des clubs de flamenco (2012), ou encore le prix Coup de cœur de l’Académie de Charles Cros (France, 2013). Spécialiste du flamenco, grande admiratrice de Pepe Marchena, auquel elle a rendu hommage dans son album le plus personnel, « El Niño », Márquez présentera à Madrid « La costilla de Rocío », un spectacle déjà présenté dans d’autres villes comme Séville, Shanghai et Barcelone.  Accompagnée du guitariste Raúl Cantizano et des projections du collectif Los Voluble, Márquez marie dans une action sonore et visuelle la biologie, la « présence magique des femmes » et l’« imaginaire machiste du flamenco traditionnel ».

L’artiste brésilien Rael se produira à Naves Matadero le mercredi 7 à 20h30 pour présenter son dernier album, « Coisas do meu imaginário », qui lui a valu de remporter la dernière édition du prix de la musique brésilienne du meilleur chanteur. Rael entama sa carrière au sein du groupe de rap Pentagono, avant de se lancer dans une carrière solo en 2010 en se produisant sur des scènes légendaires comme le Joe’s Pub de New York (sur laquelle Amy Winehouse se produisit pour la première fois aux États-Unis) et en participant à des festivals internationaux de renom comme Coachella, le Festival de Jazz de Montréal ou Rock in Rio. (Prix du billet : 8 euros).

La clôture du Forum aura lieu le jeudi 8 à partir de 18h lors d’un concert qui verra défiler sur la scène de Plaza Matadero les artistes Pájaro, Soleá Morente, Niño de Elche et Pongo.

Le Sévillan Andrés Herrera Ruíz, Pájaro, se chargera d’inaugurer ce concert gratuit. Cet artiste a été le guitariste de groupes emblématiques comme Brigada Ligera ou Pata Negra, ou encore de l’artiste Kiko Veneno et son Silvio vénéré dans son groupe Sacramento, entre autres. Un entremêlement de rock, blues, swing, Semaine Sainte, western-spaghetti, Las Vegas ou de vers San Juan de la Cruz se côtoient dans son univers musical particulier.

Membre d’une saga d’artistes, l’une des filles du chanteur de flamenco Enrique Morente, Soleá Morente, montera également sur scène. Cette artiste racée qui a su tirer le meilleur de la tradition flamenca pour la fusionner avec d’autres genres comme la pop ou le rock a accompagné son père et sa sœur Estrella dans de nombreux albums, que ce soit en chantant ou en scandant le rythme avec les mains. Elle a récemment reçu le prix FPdGi Arts et lettres 2018, décerné par la Fondation Princesa de Girona, pour sa capacité entrepreneuriale à la tête de projets musicaux dans un monde souvent difficile pour les femmes. Après avoir fait partie du groupe Los Evangelistas, elle s’est lancée en 2015 dans une carrière solo et a collaboré avec La Bien Querida, Los Planetas et Lagartija Nick.

Francisco Contreras Molina, surnommé le Niño de Elche, est un artiste, poète et chanteur de flamenco né à Elche en Alicante (Espagne) en 1985. Après avoir commencé sa carrière comme chanteur de flamenco, il s’est très vite intéressé à d’autres genres comme le rap, la performance et l’activisme social. Considéré par la critique comme l’un des plus grands rénovateurs du flamenco, son art est difficile à classer dans un seul genre. Il mêle plutôt différents genres musicaux comme le jazz ou l’électronique, en plus d’explorer la performance et d’avoir collaboré avec des productions audiovisuelles, de poésie ou de danse, avec des créateurs tels que Isaki Lacuesta, Israel Galván​ et Refree.

Pongo clora ce rendez-vous. Ce chanteur de pop africaine et de rap originaire de Luanda (Angola) mélange le kuduro et le dancehall avec un peu de musique électronique rythmée et de pop mélodique. Depuis son impact international grâce aux tubes à succès de groupes comme Buraka Som Sistema, l’influence du kuduro contemporain aux racines angolaises a fortement grandi dans le milieu de la musique à danser. Sa force et son rythme se marient à la fragilité et la sensibilité qui caractérisent cet artiste, pour qui « danser est plus qu’un acte réflexe, c’est une réponse à un climat adverse capable de rapprocher les gens sous une même force commune ».

Cinéma et conversations à la Cinémathèque

La Salle Azcona de la Cinémathèque s’ouvre au cinéma et aux conversations.

Le lundi 5 à 19h30, une conversation s’engagera entre l’historienne, philologue, essayiste et romancière originaire de Bilbao Edurne Portela et la journaliste madrilène Lucía Mbomio. Le documentaire de fiction brésilien Branco sai, preto fica, d’Adirley Queirós, sera projeté à 20h30.

Le mardi 6 à 20h30, le documentaire canadien A Better Man, d’Attiya Khan et Lawrence Jackman, sera projeté. Khan est une réalisatrice et scénariste féministe qui a été avocate de femmes et d’enfants maltraités et a collaboré avec des programmes d’accueil familial. L’idée de son film est née de son expérience personnelle avec un ancien compagnon à l’adolescence.

Le mercredi 7, à 20h, l’économiste et journaliste économique José Moisés Martín Carretero s’entretiendra avec le Syndicat des locataires. Le documentaire nord-américain Gut Renovation, de Su Friedrich, qui filme la destruction de Williamsburg, un quartier de Brooklyn, pour y construire des appartements de haut standing, sera projeté à 21h. /