Une audience du roi ouvrira lundi prochain le IIème Forum Mondial sur les Violences Urbaines

  • Parmi les 2700 personnes inscrites, 700 sont issues de différentes régions du monde et environ un millier de différents coins d’Espagne
  • Ouided Bouchamoui, Prix Nobel de la Paix 2015, parlera du défi que suppose pour les femmes arabes le fait d’avancer et participer à la construction de la paix dans des contextes difficiles. De même, des expériences internationales seront relatées telles que Bájale al acoso, une appli pour dénoncer le harcèlement dans les transports publics de Quito, récompensée par la Banque Mondiale
  • Parmi les expériences nationales, celle de Proactiva Open Arms ; les Dragones de Lavapiés ; l’Atlas Madrid, un mapping contre l’inégalité dans la capitale ; les campagnes pour tordre le cou aux clichés racistes dans les quartiers ou le témoignage de Raul Sanchez, tétraplégique après une agression durant un match de football de vétérans
  • Miguel Angel Moratinos et la Ministre de la Transition Écologique, Teresa Ribero, participeront à un événement parallèle à propos du financement pour le changement climatique
  • La clôture aura lieu le jeudi 8, avec une table ronde de maires et femmes qui dialoguent sur la manière de bâtir des villes de paix

Manuela Carmena, maire de Madrid, accompagnée de l’ex directeur général de l’Unesco et président de la Fondation Culture de Paix, Federico Mayor Zaragoza, ont présenté ce matin, mardi 30 octobre, au Matadero Madrid le IIème Forum Mondial sur les Violences Urbaines et l’Education pour la Cohabitation et la Paix qui débutera lundi 5, à 11h du matin avec une audience du Roi dans le palais de la Zarzuela, à laquelle assistera une délégation avec des représentants des entités qui constituent le Comité Organisateur International, dirigé la maire.

La semaine prochaine, de lundi à jeudi, Madrid renouvellera sa vocation de ville de paix avec cette rencontre internationale, à laquelle sont déjà inscrites près de 2700 personnes, parmi lesquelles 700 proviennent de toutes les régions du monde, et près d’un millier de coins différents de l’état espagnol. Les inscriptions se clôturent aujourd’hui, bien que durant la célébration tout le monde sera en mesure de se faire accréditer à l’accès du passage de la Chopera dans le Matadero Madrid. L’entrée est gratuite.

Après l’audience, l’après-midi du lundi, le Forum ouvrira ses portes à 15h avec une cérémonie à laquelle assisteront, en plus du Ministre de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska, les maires de Madrid, Barcelone et Bucarest ; le maire de Palencia et le vice-président de la FEMP (Fédération Espagnole des Municipalités et Provinces) ; le directeur général du FAO, José Graziano da Silva ; l’ex-directeur général de l’UNESCO et l’actuel président de la Fondation Culture de Paix, Federico Mayor Zaragoza ; le président de CGLU (Villes et Gouvernements Locaux Unis), Mpho Franklyn Parks ; le directeur de Gouvernance et Construction de la Paix du PNUD, Patrick Keuleers et le Prix Nobel de la Paix 2015, Ouided Bouchamaoui.

La clôture aura lieu le jeudi 8 novembre, avec une table ronde de maires et femmes qui dialogueront à propos de la manière de construire des villes de paix. Là-bas se donneront rendez-vous les dirigeant de Madrid, Barcelone, Logroño, Bucarest, Rosario (Argentine), Surabaya (Indonésie), Bangangté (Cameroun), Astrakan (Russie). Avec elles, la Commissaire Européenne à la Justice, aux Consommateurs et à l’Égalité des genres ; la responsable du Réseau de Femmes pour la Paix et la Sécurité en Afrique ; la directrice du Centre Nobel de la Paix et la présidente de l’Association de Municipalités de Bolivie, entre autres.

Un forum qui a la prétention, selon Manuela Carmena, d’aller jusqu’aux racines des raisons pour lesquelles se génèrent les violences. « Il est indispensable d’aboutir à la création de politiques transversales contre toutes les violences urbaines, au niveau local, au niveau communautaire, au niveau de l’état et c’est seulement à partir de là que nous aurons fait quelque chose qui soit l’objectif final de ces forums, à savoir sauver des vies. Avec la réflexion sur la violence urbaine, nous construisons la cohabitation et nous sauvons essentiellement des vies. » Et pour cet objectif, l’importance de la participation de l’Organisation Mondiale de la Santé dans le forum. « L’OMS est l’unique organisme international qui soit préoccupé par la perte de la vie. Il existe de nombreuses entités qui parlent de sécurité, de prévention mais laquelle est la plus préoccupée par la perte absurde de la vie d’une personne aux mains d’une autre ? L’Organisation Mondiale de la Santé. Parce qu’il n’y a rien de pire que ça pour la santé . Et nous souhaitons que des programmes systématiques contre la violence se généralisent pour toutes les entités aussi bien locales que étatiques. »

Federico Mayor Zaragoza, dans la présentation de ce forum, a noté l’urgente nécessité de la célébration de rencontres comme celle-ci car « nous sommes immergés dans un panorama qui doit nous faire réfléchir. » « Nous ne nous rendons pas compte que nous revenons à des situations que nous pensions appartenir au passé. Le suprémacisme tue, et nous devons le savoir car quand en 1933, Hitler écrivait dans Mein Kampf que la race aryenne était incompatible avec la race juive, il fut immédiatement suivi par Benito Mussolini et par l’empereur Hirohito affirmant que notre race était supérieure Et nous savons quelles en furent ensuite les conséquences. Et nous sommes actuellement dans cette situation, dans un suprémacisme en Amérique du nord, en Hongrie… Pour cette raison, ce forum est plus important que jamais, car est arrivé un moment où beaucoup de gens dans le monde et en Europe se demandent s’il y a vraiment une solution démocratique à la situation présente à l’échelle mondiale. »

Assemblées plénières et ateliers autogérés

Douze journalistes à la trajectoire professionnelle reconnue animeront les douze assemblées plénières où seront analysés les différents types de violence qui affecte les villes : dans les sport ; contre les femmes ; sur les réseaux sociaux ; exercée contre les enfants et les personnes âgées ; le racisme et la xénophobie, les déplacés et les réfugiés, villes refuges , le terrorisme international ; la LGTBphobie ; l’inégalité urbaine et l’espace public ; violence juvénile ; aporophobie (exclusion sociale) ; dialogue inter-religion et corruption. Deux autres journalistes seront chargés des cérémonies d’ouverture et de clôture. Ces professionnels reconnus sont : Hilario Pino, Susanna Griso, Montserrat Domínguez, Marta Nebot, Ana Pastor, Helena Díez-Fuentes, Marta Reyero, Gemma Nierga, Sonia Sanchez, José Manuel Vidal, Juan Luis Cano, Paloma del Río et Puri Beltran.

96 ateliers autogérés et 30 rendez-vous parallèles gérés par des organismes internationaux, organisations sociales, entités politiques et particuliers auront lieu.

Apprendre des autres

Le trait distinctif depuis la première édition a été de révéler des expériences mises en œuvre dans différents coins de la planète afin de prévenir, lutter et éradiquer la violence des villes. Ce second forum expose de nombreuses propositions pour prévenir, lutter et éradiquer la violence des villes. Le dialogue, la médiation, les activités de prévention et d’éducation pour la paix, l’art et la culture pour la transformation sociale, les applis de mobile et les diagnostics sur le territoire, sont quelques-unes des nombreuses actions interpersonnelles et politiques que les individus et les villes peuvent mettre en œuvre dans le monde entier. Au total, au cours des sessions d’inauguration, de clôture et des douze plénières, 145 personnes exposeront leurs idées et propositions et plus de 45 expériences concrètes seront présentées.

Par exemple, au niveau international, Ouided Bouchamaoui, Prix Nobel de la Paix 2015, parlera du défi que suppose pour les femmes arabes le fait d’avancer et participer à la construction de la paix dans des contextes difficiles et Maria Fernanda Pacheco détaillera Bájale al acoso, une appli pour prévenir et dénoncer le harcèlement dans les transports publics de Quito qui a été récompensée par la Banque Mondiale. Au niveau national, Raul Sanchez, tétraplégique après une agression au cours d’un match de football de vétérans, souhaite avec son récit promouvoir un changement de valeurs et de comportement dans la pratique sportive.

Et encore plus près, à Madrid, il existe de nombreuses expériences qui au fil des jours sèment le germe de la cohabitation en territoire urbain. Par exemple celle des Dragones de Lavapiés, un club de football dans ce quartier madrilène typique qui compte des joueurs de plus de 35 nationalités et qui a récemment incorporé des équipes féminines. Ou l’Atlas Madrid, un mapping de la capitale dans lequel se situent toutes les initiatives de la citoyenneté travaillant de manière collective pour construire une ville plus habitable, durable, inclusive et participative, fruit du travail commun de la Fédération Régionale des Associations de Voisins de Madrid (FRAVM), Intermediae Matadero et les collectifs Zuloark + Lys Villaba, Vivier d’Initiatives Citoyennes (VIC), Paisaje Transversal, Sodeste et Todo por la Praxis. Proactiva Open Arms rendra également compte de son travail quotidien de sauvetage dans la Méditerranée de réfugiés qui arrivent en Europe en fuyant des conflits.

Protagonistes du débat

Dans les assemblées plénières, les maires et les responsables municipaux succéderont aux experts et représentants d’organismes internationaux, ONGD et associations.

Pour ne citer que quelques interventions, souligner celle de l’ex ministre de l’Extérieur Miguel Angel Moratinos qui, avec la Ministre de la Transition Écologique Teresa Ribero participera à un événement parallèle sur le financement pour le changement climatique.

Doris Sommer (Université de Harvard) dissertera sur le Rôle de l’éducation pour la paix dans le conflit colombien, Monika Kosinska (Organisation Mondiale de la Santé) fera de même à propos du Traitement de la santé appliqué aux violences interpersonnelles comme facteur fondamental pour améliorer la prévention devant les violences urbaines. Carlos Mayo Yory, de l’Université Pontificia Bogota, abordera le Développement intégré et durable basé sur l’attachement au territoire et Lizbeth Eugenia Roas Montero (députée PRD, Mexique); la Lutte contre l’impunité dans l’exercice de la politique.

Parmi les maires européens, asiatiques, ibéroaméricains et africains qui seront présents se trouvent les dirigeants de Valence, Bilbao, Séville, Málaga, Córdoba, Valladolid, San Sébastian, Santander, Soria, Huelva, Ciudad Real, Las Palmas, Palencia, Granollers, Mieres, Torrelodones et Elche. En ibéro-Amérique, ceux de San José de Costa Rica, Tegucigalpa, Asunción, Rosario et Cordoba tandis que la représentation européenne compte Bucarest, Strasbourg ou Montpellier. D’Afrique, des villes du Maroc, Cameroun ou Mozambique, du Moyen-Orient, les maires de Belen, Ramallah et du continent asiatique sont présentes les municipalités et villes de Turquie, Bangladesh ou Iran.

A cela s’ajoute les représentants du monde académique (par exemple Johan Galtung, sociologue et mathématicien norvégien, et Liv Torres, directrice du Centre Nobel de la Paix d’Oslo), de la musique (James Rhodes), d’organismes internationaux (FAO, ONU-Habitat, ONU-Femmes, OMS, SEGIB…) et représentants de différents crédos tels que Carlos Osoro, archevêque de Madrid, Carlos Lopez, évêque anglican, Victor Kordochkin, membre de l’église orthodoxe russe en Espagne et Ryaj Tatary Bakry, iman de la mosquée de Tetuan. Ne manqueront pas non plus les représentants des entités qui opèrent dans le milieu national et local – FEMP, FRAVM, RED ONGD de Madrid – y de la société civile.

De plus, se célèbreront pendant le Forum deux importantes rencontres internationales de Gouvernements locaux : le Bureau Exécutif et le Conseil Mondial de CGLU – l’entité municipaliste principale mondiale – et le XIème Forum Ibéro-américain de Gouvernements Locaux auquel participeront plus de 20 maires de la région.

Tout cela accompagné de musique et de documentaires engagés et liés aux thèmes des différentes plénières. Une programmation qui tourne autour de la musique de racines espagnoles, à laquelle s’ajoutent deux offres d’Afrique et d’Amérique du sud qui représentent des versions contemporaines de musiques aux racines issues des deux continents.